FERMONS FESSENHEIM
ET SORTONS DU NUCLÉAIRE

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28/09/2009 : Les Dernières Nouvelles d’Alsace - Sondage en ligne : les manifestants veulent rester au centre

Plus de 80 % de nos internautes estiment que les préfets ont tort d’excentrer les manifestations. Et selon les avis commentés, plus particulièrement lorsqu’elles concernent le domaine du nucléaire.

4112 votants

La question de la semaine dernière : Pensez-vous que les préfets, appliquant le principe de sécurité, ont tort ou raison d’excentrer certaines manifestations prévues dans le centre des villes, comme celle des anti-nucléaires du 3 octobre, à Colmar ?

RESULTAT

  • les préfets ont raison : 511 voix soit 12,5 % - les préfets ont tort : 3539 voix soit 86 %
  • sans opinion : 62 voix soit 1,5 %

Pour la majorité des internautes qui ont adressé leurs courriels cette semaine à la rédaction, les préfets ont donc tort d’excentrer les manifestations, comme dans le cas cité en exemple, celle du 3 octobre prochain, à Colmar. Cette quasi-unanimité n’est pas que le fait de militants anti-nucléaires et de sympathisants, qui ont réagi à travers toute la France, voire depuis la Belgique, l’Allemagne ou l’Autriche.

Excentrer cette manifestation européenne prévue à Colmar ne serait pas un bon choix, ne serait-ce que parce que les anti-nucléaires sont pacifiques, voilà l’argument qui revient le plus souvent, exemples à l’appui. Une bonne poignée d’entre eux, comme cette internaute de Breitenbach, rappellent que celles organisées par le réseau "Sortir du nucléaire", « à Colmar, à Strasbourg, de même qu’à Cherbourg (30 000 manifestants le 15 avril 2006) et à Rennes (40 000 manifestants le 17 mars 2007) n’ont jamais donné lieu au moindre débordement. »

« Il y a des enfants »

« Souvent, il y a des enfants et cela se fait dans la bonne humeur », indiquent plusieurs internautes, comme Simone Fest de Mulhouse. « C’est nous qui demandons le "principe de sécurité" pour leur avenir », concluent certains. « A 63 ans, je n’ai pas envie de me battre contre les CRS ou de casser les vitrines au centre-ville », semble soupirer Jean-Paul Barberot, d’Ensisheim. Pour certains internautes, la récente décision préfectorale ne vise en fait pas tant la manifestation en elle-même que le sujet qu’elle entend porter en place publique, l’avenir de la centrale de Fessenheim, atteinte par la limite d’âge. « Le dossier nucléaire n’est pas très démocratique en France », ironise-t-on, digérant difficilement le « revirement » préfectoral concernant la proposition de parcours faite au mois du mai.

Les casseurs

Et c’est la raison pour laquelle une bonne moitié des courriels ne s’interroge pas tant sur le débat nucléaire que sur la place des manifestations au cœur des villes. Pour quelques-uns, le souvenirs d’affrontements urbains semble encore chaud, comme pour J.S., de Dachstein : « il faut tout simplement interdire les manifestations au centre-ville : il y a toujours des dérapages. C’est le moment choisi pour casser. » « Je me reporte aux manifestations anti-OTAN. Si les organisateurs peuvent assurer l’intégrité des biens et des personnes, alors oui pour le centre-ville », nuance un internaute de Kientzheim. Mais pour une grande majorité des courriels, ce type de décision s’apparente simplement à « une censure. » « La cloisonner entraîne une frustration justifiée », estime Mme S., de Kirchheim.

La plupart est attachée au symbole : « le mot cité vient du mot grec citoyen. La ville n’est pas un lieu hermétique où ne vivent que les marchands du temple. » Et d’évoquer l’agora athénienne, le forum romain. « La démocratie a sa place sur la place publique », martèle un internaute de Bourbach-le-Haut. « L’excentrer, c’est la reléguer au second rang. » « Les grandes places des centres-villes sont des lieux d’expression qu’il faut préserver (...). L’argument de la sécurité est un faux-problème. » Sinon, « pourquoi ne pas recevoir le chef de l’État loin de toute agglomération pour éviter tout risque d’incident ? », interroge Stéphane Juvancic de Sélestat.

Le "principe de sécurité"

Plusieurs internautes contestent le concept même du "principe de sécurité". On s’agace notamment de voir agiter le « spectre de l’émeutier allemand. » « Les raisons de sécurité ont toujours bon dos et font systématiquement voir le pire », nous écrit Jean-Marc Schmitt, de Wettolsheim. Pour Nathalie Remond, d’Orbey, « excentrer une manifestation n’est pas une solution : c’est un faux compromis. On autorise une manifestation ou, si on a des éléments sérieux pour le faire, on ne l’autorise pas ! Mais excentrer revient à cacher et à éluder ! Cela ne résoud rien. » « Le fait d’excentrer des manifestations (et donc des manifestants) les met "hors d’état" non pas de nuire mais les met "hors d’écoute" d’un maximum de gens qu’ils pourraient "toucher" », estime, pour sa part, Marie Mayer, de Strasbourg.

De "bonnes" manifs ?

Ce qui ouvre inévitablement un autre débat. Y a-t-il des "bonnes" et des "mauvaises" manifestations ? Oui, estiment quelques internautes. Pour C.E. de Niederbronn, « les préfets ont tort lorsqu’il s’agit d’une manifestation d’intérêt général et raison lorsqu’il s’agit d’une manifestation afin de libérer un otage au fin fond de je ne sais où. » D’autres, comme cet internaute d’Altwiller, avancent le « deux poids, deux mesures. On a rarement vu un pouvoir contrarier une manifestation d’agriculteurs ou de transporteurs. »

Pour S.H., d’Obersaasheim, par contre, « vouloir occulter le sujet de la manifestation au profit d’un tout autre débat relève de la manipulation pure et simple. » Georges Federmann, de Strasbourg, ne dit pas autre chose : « Le monde associatif et politique sait que le mouvement antinucléaire s’appuie sur la non-violence et qu’une manifestation de 50 000 personnes s’est déroulée récemment à Berlin sans incident. Or le sommet de l’OTAN qui s’est déroulé à Strasbourg les 3 et 4 avril dernier avait déjà jeté les bases de cette posture que j’appellerais de « répression préventive » destinée à affaiblir les mouvements politiques émanant de la société civile. »

Stéphane Freund


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