FERMONS FESSENHEIM
ET SORTONS DU NUCLÉAIRE

Accueil du site > Medias > Revue de presse > Les Echos

08/04/2009 : Les Echos

EDF : 2009 sera une année décisive pour la durée de vie des centrales nucléaires

L’Autorité de sûreté nucléaire doit se prononcer sur l’allongement de trente à quarante ans de la durée de vie des centrales nucléaires de Tricastin et Fessenheim. Elle compte aussi prendre position sur la possibilité d’aller au-delà. Une question cruciale pour les comptes de l’électricien tricolore.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) entend bien rester décisionnaire en ce qui concerne la durée de fonctionnement des centrales françaises. « L’ASN attend d’EDF qu’elle conforte la réflexion sur cet enjeu par des éléments techniques plutôt que par des annonces », souligne le gendarme du nucléaire dans son rapport annuel présenté hier au Parlement.

Explication : en décembre dernier, l’électricien a annoncé aux investisseurs qu’il souhaitait faire passer la durée de vie de ses centrales de trente à soixante ans. Jaloux de ses prérogatives, André-Claude Lacoste, le président de l’ASN, a peu apprécié et estimé qu’EDF mettait la charrue avant les boeufs. Il l’a fait savoir à Pierre Gadonneix, le patron d’EDF, qui s’est fendu d’une lettre pour demander à l’autorité d’étudier la question.

Celle-ci est cruciale pour EDF. Le groupe estime que porter la durée de vie à soixante ans lui coûtera en moyenne 400 millions d’euros par réacteur. C’est 10 fois moins que le prix d’un EPR neuf. Sachant que le parc sera amorti au bout de quarante ans, l’électricité serait alors produite à un coût minimal. Un enjeu essentiel pour les comptes d’EDF, mais aussi pour les tarifs.

Le modèle américain

EDF lance cette réflexion l’année même où ses plus vieilles centrales feront l’objet d’inspections décisives par l’ASN. Il s’agit de visites décennales, qui doivent permettre de dire si les réacteurs concernés pourront fonctionner non pas trente, mais quarante ans. Cette série de visites va commencer par Tricastin, fin mai, et Fessenheim, en fin d’année. Mises en service entre 1978 et 1980, ces deux centrales sont très sensibles. La première a fait l’objet d’un incident sérieux en septembre dernier ; la deuxième fait partie des quatre centrales les moins bien gérées du parc français, selon le rapport annuel de l’ASN.

Par ailleurs, lors des dernières visites décennales, vers 1999, les cuves de réacteurs situés au Tricastin et à Fessenheim avaient présenté des défauts de revêtement. L’ASN avait conclu que les réacteurs ne présentaient pas de danger de sûreté et pouvaient être prolongés de dix ans. Personne n’attend sérieusement de conclusion inverse en 2009. Mais rien ne dit que le gendarme du nucléaire sera prêt à prolonger de tels réacteurs jusqu’à soixante ans. Son intention est de prendre position sur la « possibilité » même d’aller au-delà de quarante ans pour le parc. « Mais cela va dépendre de ce qu’EDF va nous fournir comme éléments », explique-t-on à l’ASN.

Constatant que le régulateur américain (NRC) a accepté un prolongement de la durée de vie des centrales locales à soixante ans, EDF estime pouvoir arriver au même stade sans problème. Il en veut pour preuve la bonne résistance générale de ses cuves ou encore les possibilités de remplacement des pièces usées. Mais, dans certains cas, les travaux risquent de ne plus avoir de justification économique. L’électricien tricolore est conscient des limites de l’exercice. Lors d’une conférence organisée en mars par la Société française d’énergie nucléaire, Georges Servière, directeur adjoint de la division d’ingénierie nucléaire chez EDF, a indiqué que, dans ses projections, le groupe tablait sur une prolongation des centrales jusqu’à cinquante-trois ans en moyenne. « Sous réserve de l’accord de l’ASN », bien sûr.


> Retour à la liste des articles de presse


Réseau "Sortir du nucléaire" | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact