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17/09/2009 : Dernières nouvelles d’Alsace - Les "précautions" des autorités

Le préfet du Haut-Rhin invoque des raisons de sécurité pour justifier l’interdiction aux manifestants antinucléaires de se rassembler place Rapp le 3 octobre. Les organisateurs ne comprennent pas ce revirement et maintiennent « pour l’instant » leur rendez-vous devant la préfecture.

« Nous n’avons aucune intention maligne. Notre décision découle de considérations concrètes ». Le préfet du Haut-Rhin s’est défendu hier de vouloir compromettre le rassemblement européen antinucléaire du 3 octobre à Colmar avec son refus de voir la manifestation partir de la place Rapp (DNA des 15 et 16 septembre).

Pierre-André Peyvel avance la venue de 20 000 à 30 000 personnes. Or, pour le représentant de l’État et Jean-Christophe Bertrand, le directeur départemental de la sécurité publique, le projet de parcours qui leur a été fourni est incompatible avec la circulation d’un nombre aussi important de manifestants. « On ne peut pas faire passer 30 000 personnes dans la rue des Blés ! », dit-il.

« En Allemagne, ils ont des habitudes plus rudes... »

Les autorités ont donc « travaillé » avec la Ville de Colmar sur un itinéraire « aux voies appropriées » avec départ du stade des Cheminots et arrivée au Natala, « comme les organisateurs l’ont souhaité ». Pour Pierre-André Peyvel, le stade des Cheminots présente l’avantage d’être situé près de la gare et de disposer de parkings pour accueillir les bus, la plupart des manifestants suisses, français et allemands devant arriver à Colmar en transport en commun. La Ville de Colmar est disposée à fournir aux organisateurs des estrades, du matériel de sonorisation et le fléchage pour orienter les manifestants et les cars vers le lieu de rassemblement. Les autorités veulent aussi éviter les heurts subis lors des manifestations anti-OTAN à Strasbourg, en avril. « Nous craignons d’éventuels débordements venus d’ailleurs. En Allemagne, ils ont des habitudes plus rudes... Nous prenons de précautions », souligne le préfet. « Ces grands rassemblements sont toujours une opportunité pour des groupes minoritaires de faire des dégradations. Ils ne viennent pas pour la thématique de la manifestation mais pour piller des magasins et saccager les centre-villes », explique Jean-Christophe Bertrand pour justifier « un parcours qui minimise les risques ». « Nous devons concilier la liberté de manifester avec la sécurité à laquelle nos concitoyens ont droit », dit-il en indiquant que les touristes allemands devraient être nombreux au centre-ville en raison de la Fête de l’unité qui est un jour férié outre-Rhin. Du côté des militants antinucléaires, l’amalgame avec les anti-OTAN passe mal, considérant que les manifestations contre le nucléaire sont « toujours pacifiques ». Le réseau "Sortir du nucléaire" rappelle quant à lui qu’une fourchette de 5 000 à 30 000 participants avait été fournie à la préfecture en mars. Il précise encore que dans une lettre datée du 18 mai, le directeur de cabinet du préfet Laurent Gandra-Moreno proposait un circuit qui partait et qui arrivait place Rapp. « Ce changement d’avis étonne » le réseau.

« S’il y a un problème,c’est de leur faute »

« S’il y a un problème, c’est de leur faute, pas de la nôtre. On a l’impression qu’ils veulent empêcher la manifestation, ou alors ils ont très peur », note Rémi Verdet du collectif rhénan-alternatives au nucléaire, qui « maintient pour l’instant » le rassemblement place Rapp. Le préfet assure de son côté que les « dispositions nécessaires » seront prises pour éviter tout rassemblement place Rapp. « C’est dans l’intérêt des organisateurs que tout se passe bien », conclut-il.

Franck Buchy

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